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Œuvres

Voici ce que Consuelo de Saint Exupéry
a écrit en 1958 sur sa peinture :

« Selon que l’on aime un être, un paysage ou un objet, on les rêve, de plus en plus se rapprochant ou s’éloignant ; en les changeant de dimension, de couleur, de parfum, ils vont, ils viennent vers nous, vers vous, dans l’invisible de nos forêts intérieures. »

Depuis toujours, on désire raconter ce qu’on a vu, avec des mots, des sons, des formes, des couleurs et même des actes.
Les sentiers mystérieux suivis dans ces plongées miraculeuses de l’état second, vous conduisent à l’orée de votre œuvre.

« Tout ce que j’ai fait de beau, ce n’est pas moi qui l’ai créé, je l’ai reçu d’en haut » disait Goethe.

Souvent aussi, j’aime peindre ce qui apparemment est calme : les montagnes, les lacs, les maisons, les villes.
Une cloche vibre selon l’impulsion qu’on lui donne. Avec la même cloche, on peut sonner l’Angélus, le Requiem, le Tocsin, ou « los Cascabeles ». Ainsi le même peintre peut être abstrait ou figuratif ; mais cela on ne le comprend pas encore.

Un directeur de galerie m’a dit un jour : « Ou vous faites de l’abstrait, ou vous faites du figuratif, mais faire les deux ensemble, non, ce n’est pas sérieux ». Je lui répondis alors : « Si vous êtes funambule, on doit dans ce cas vous interdire de danser, et si vous êtes danseur, on doit vous obliger à vous déplacer toujours en dansant ; sinon ce n’est pas sérieux ! »

Par bonheur, mon mari m’a fait comprendre que ce qui compte c’est l’amour, la ferveur :

« N’invente point d’empire où tout soit parfait. Car le bon goût est vertu de gardien de musée. Et si tu méprises le mauvais goût tu n’auras ni peinture, ni danse, ni palais, ni jardins. Tu auras fait le dégoûté par crainte du travail malpropre de la terre. Tu en seras privé par le vide de ta perfection. Invente un empire où simplement tout soit ferveur »
Antoine de Saint Exupéry, Citadelle

Après des études d’art à San Francisco, Consuelo aimera tout au long de sa vie s’entourer d’artistes et d’art. Dés l’âge de 22 ans alors qu’elle se trouve à Mexico où elle étudie le droit elle rencontre Diego Rivera qui sera le premier à la conseiller dans ses premiers pas d’artiste peintre. Le fameux artiste muraliste mexicain pas encore marié à cette époque avec Frida Kahlo va durablement influencer la débutante. Il sera le premier à la faire évoluer vers une peinture colorée très proche de ses racines latino-américaines.

De la même façon, c’est le célèbre sculpteur Aristide Maillol dont Consuelo a été l’élève, qui l’incite à s’inscrire à l’Académie Ranson, à Paris, dans le quartier de Montparnasse, pour suivre des cours de sculpture.

Consuelo aime par-dessus tout pétrir la terre et souvent, c’est le visage de son mari qu’elle sculpte avec amour, ferveur et succès. Qui mieux que celui qui aime peut faire surgir de la terre, l’émotion d’un visage ?

Pour Consuelo la peinture et la sculpture ont été un refuge, une consolation rassurante lui permettant aux pires moments de sa vie de ne pas sombrer. C’est surtout à travers la couleur que Consuelo traduit ses émotions sans jamais être prisonnière d’un système. La dominante de son art a toujours été la couleur, profonde, animée et vive et cela reste vrai à travers toutes les époques de sa vie artistique.
Toujours très proche des surréalistes qu’elle fréquente et qui sont ses amis Consuelo adhère à ce mouvement en exprimant avant tout dans son œuvre des sentiments et une réalité toujours à la limite de la poésie et du rêve.

Amie de Max Ernst, de Marcel Duchamp, d’André Breton ou d’Oscar Dominguez, Consuelo aime se réfugier, les jours de grand désarroi, dans l’atelier d’André Derain qui lui conseille de continuer à travailler la couleur. La couleur, toujours la couleur c’est la signature de Consuelo.

En 1964 elle séjourne à Cadaques et fréquente l’atelier de Dali qu’elle a rencontré à New York à la fin de la dernière guerre mondiale. Cette période est pour Consuelo très féconde car elle peint énormément sous l’impulsion du Maître qu’elle connaît bien et avec qui elle avait collaboré en 1945 à la décoration de vitrines à New York.

L’œuvre de Consuelo de Saint Exupéry est une peinture non figurative, mais elle se tient le plus souvent aux confins de celle-ci et de la fidélité au réel. Un certain nombre de ses œuvres ne sont pas seulement une explosion de couleurs et de formes mais une implosion d’émotions et de souvenirs qui après avoir traversé sa vie traversent sa toile comme une étoile filante.